Quand les journalistes (ra)content
23 avril 2018
Depuis quelques années, la presse est en crise et les journalistes sont les premiers touchés. Les rédactions se réduisent inexorablement et le rôle des médias est régulièrement remis en question. Dans ce contexte, l’apparition du «live magazine» apporte un nouveau souffle.
Un magazine «vivant»

Pas un jour ne passe sans évoquer les fake news et la manipulation de l’opinion, alors que les médias sont régulièrement sous le feu des critiques. Mais, que faire ? Comme tant d’autres, je l’ignore. Pour continuer à exister, la presse doit se réinventer et elle a commencé sa mue. Vidéos live, infographies, contenu digital fleurissent. Mais au-delà des formats, le public recherche l’émotion. Je me réjouis donc du lancement du «live magazine», qui joue sur ce registre. Nos voisins français connaissent ce journal «vivant» depuis 2014. En mars, Le Temps, puis sept.info se sont prêtés à l’exercice. De quoi s’agit-il exactement ?
Les journalistes suscitent l’émotion sur scène

Des journalistes, dessinateurs ou photographes montent sur scène et présentent l’actualité. Les intervenants se suivent. Chacun raconte une histoire ou une anecdote. Le magazine «se parcourt» sur scène, sans enregistrement, ni captation. Par moment, la tension, l’amusement, la colère sont palpables. En tant que spectatrice, je vis leur récit, je m’imagine les personnes rencontrées. Je prends conscience que l’information que je consomme à elle-même une histoire. Les journalistes se dévoilent sans fard, parlent de ce qui les touchent. Le temps de ce magazine éphémère, l’humain revient au centre et nous ouvre brièvement les coulisses de la profession. J’en ressors enthousiasmée et admirative de ceux qui étaient sur scène. Mais aussi de tous les autres, moins visibles, qui travaillent pour nous donner accès à une information de qualité.
Pour assister à d’autres représentations :
Live Magazine (en France)
Reporter Unplugged (en Suisse ; prochaines dates bientôt disponibles)